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"Pollueur Sponsor" : La Baule confirme

19 Décembre 2008 , Rédigé par Isabelle LOIRAT Publié dans #La Loire - la Mer - l'Eau

Face aux pollutions : 2 stratégies, 2 résultats.

Intéressant la petite station familiale Mesquer qui adopte une stratégie différente et gagne à long terme et la grande station balnéaire internationale La Baule qui joue TOTALEMENT le jeu "court-termiste"des "Pollueurs Sponsors".
Cela nous rappelle bien sûr la manifestation Estuaire 2009 qui sera elle aussi financée par TOTAL. Parfois il
faut savoir dire NON, renoncer à une dépense plutôt que de la faire financer par des "pollueurs notoires" et leur permettre ainsi de blanchir leur image à bon compte.

 Pourquoi ne pas utiliser cet argent pour accélérer la mise aux normes des kilomètres de tuyaux de la raffinerie de Donges qu'on nous promet pour 20013 ? 

Pourquoi ne pas utiliser cet argent pour mettre en place des barrages flottants pour chaque déchargement et chargement de bateaux ?

Voici une définition de "marée noire" trouvée dans un alphabet breton.


"Marée noire : fête de la mer à périodicité irrégulière attirant des milliers de Parisiens en ciré jaune et bottes du même métal. En général les organisateurs ne divulguent qu'au dernier moment le lieu de la fête. Dernier organisateur : Thierry Desmarest. Dernières stars invitées : Torrey Canyon, Amoco Cadiz, Tanio, Erika, Prestige..."

Marre de ceux qui font "la TOTAL à la mer" (Zazie) et à la Loire !


"Marché conclu avec Total : La Baule retire sa plainte" Article Presse Ocean

Fin mars-début avril, La Baule n'avait qu'une crainte : que cette vision de ramassage des boulettes de fioul n'entâche la saison à venir. : Archives PO
Fin mars-début avril, La Baule n'avait qu'une crainte : que cette vision de ramassage des boulettes de fioul n'entâche la saison à venir. : Archives PO

En avril, La Baule fermait ses plages avec la pollution de Donges. Aujourd'hui, elle retire sa plainte sur un « deal » : Total devient partenaire de la ville et finance sa promotion. Vif débat en conseil.

Finalement, j'ai souhaité arrêter les poursuites contre l'entreprise Total. » Yves Métaireau a présenté mardi, au conseil municipal de La Baule, le protocole d'accord qu'il va signer avec Total suite à la pollution de la raffinerie de Donges. En avril, l'arrivée de boulettes d'hydrocarbures avait engendré la fermeture des plages. La Baule avait saisi le cabinet Lepage, « au cas où nous aurions eu des inquiétudes pour la saison touristique ».

 

A l'époque la ville refusait de commenter ces boulettes, de crainte qu'elles ne fassent tâche d'huile, aujourd'hui le maire minimise leur impact par rapport à la venue des touristes : « Franchement, nous n'avons fermé que huit jours et il n'y a eu qu'un kilo ou deux de polluant ».

 

Campagne publicitaire

 

Du passé donc. D'autant « qu'en termes d'image, c'est mieux d'avoir une campagne de promotion tout de suite ». Bref, en échange de son silence, le maire a négocié avec le géant pétrolier le versement de 80 000 € pour financer dès janvier la campagne de promotion dont la ville a besoin. « La ville y rajoute 30 000 € pour faire de la publicité auprès de notre clientèle fidèle ». Un signe fort que le maire veut adresser aux hôtelliers par ces temps de crise.

Total a déjà remboursé à La Baule 32 000 € de frais de personnel suite à cette pollution et lui a signé un chèque anticipé d'1,5 M € en dédommagement de celle de l'Erika, si elle retirait son action en justice. Par ce protocole, Total devient aussi partenaire du jumping de La Baule.

 

Accident ?

 

Alors, La Baule a-t-elle « pactisé » ? L'opposition de gauche comprenait plutôt « l'utilité de cette transaction pour les commerçants de La Baule ». Elle s'est permise plusieurs remarques sur la forme : « Nous sommes réservés quand vous qualifiez ce déversement d'accidentel (...) Et outrés par l'article 2 du protocole », déclare Gérard Denoyelle (PC), où la commune accepte « de citer les actions entreprises par Total pour lutter contre les conséquences de la pollution » et de « mentionner la participation financière de cette dernière à cette campagne de communication ».

Le maire refuse de retirer l'article. Et le conseiller municipal Bruno Denis intervient en renfort : « Si on met que c'est une pollution volontaire dans cette transaction, on va difficilement arriver à un accord ! Cest le principe du pollueur payeur qui s'applique à présent. Dans la vie courante, cela se traduit par un nom en bas d'une campagne. » Malgré le « on n'a pas à dire merci Total ! » de l'opposition, la majorité a voté pour cette transaction dans son intégralité.


Lucie Beaupérin

Presse-Océan 18 Décembre 2008

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