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"Chasse au Bayrou" et "Chasseur démocratique"

24 Mai 2009 , Rédigé par Isabelle Loirat Publié dans #Politique


Hier, j'écrivais sur le "chasseur démocratique" et le "poursuivant démocratique" Aujourd'hui je lis "la chasse au Bayrou, une impasse politique" sur Marianne 2 par Nick Carraway
Que la meute qui chasse pour plaire en Cour sache que Bayrou c'est du grand gibier !

Extraits.


"C'est l'ennemi politique numéro un, à l'UMP comme au PS. Mais les stratégies politiques des uns et des autres pour le tuer se révèlent pour le moment inopérantes. Nickcarraway nous explique pourquoi selon lui.


Photo d'archives/REUTERS/Charles Platiau sur le point.fr

Comment faire descendre Bayrou ? Enigme irrésolue pour l’UMP depuis le second tour de la présidentielle, casse-tête insoluble pour le PS. La majorité, en voulant isoler le troisième homme de la présidentielle, l’a renforcé. A un point tel qu’il n’y a qu’une alternative pour l’abattre : la mort ou la souillure. François Bayrou, c’est le mystère scientifique de la vie politique française. Comment un député et conseiller municipal, tout président de parti qu’il est, battu pour la deuxième fois à une élection présidentielle, dont l’électorat s’effrite à longueur de scrutin, lâché par les élus qu’il croyait être ses amis, et dont les ambitions présidentielles s’ébruitent à longueur d’articles et de lapsus, fait-il pour conserver intacte sa puissance audimétrique ? J’en connais à l’Elysée qui doivent ravaler chaque jour que Dieu fait leur haine renfrognée : malgré tous les coups de boutoir, le charançon béarnais est bien difficile à écrabouiller. Diantre.

Les ruses du gibier Bayrou

Pourtant, l’UMP n’y va pas de main morte depuis deux ans. A la manière des clubs de foot approchant dans les vestiaires les joueurs-clés de l’équipe adverse avant le match avec de juteux contrats sous le bras, Nicolas Sarkozy a pris le parti d’arracher à François Bayrou le bloc le moins solidaire de feue la vieille UDF. Sans doute est-ce là l’avantage d’être ami avec le grand patron d’LVMH : lorsqu’on parle maroquinerie gouvernementale, on est gage de sérieux. Et voici que, main par la main, la farandole d’anciens soutiens bayrouistes, dont tous ont voté en janvier 2006 au congrès de Lyon le principe de l’indépendance vis-à-vis de l’UMP, acte fondateur de la stratégie présidentielle du ni-ni (ou du et-et, c’est une question de point de vue), ont tourné talons et retourné veste pour s’en aller bras dessus, bras dessous, avec une majorité leur faisant les yeux doux : « Reviens à la maison, chérie, c’est pas grave, je te pardonne, et je t’offrirai même un cadeau ». Cela ne suffisant pas, l’UMP s’est mis en tête de poursuivre la destruction de la vieille grand-mère centriste : Jean Arthuis (il aurait au moins pu mettre des guillemets IL )et Hervé de Charette faisant planer le spectre d’une renaissance de l’UDF, dont l’un possède apparemment le nom, Michel Mercier titillé par des envies gouvernementales ; tout est fait, ou presque, pour déshabiller Bayrou.

Du côté du PS, c’est un son de cloche différent. En quittant la majorité le baluchon orange sur l’épaule, le nomade Bayrou a entamé sa conquête de l'Ouest de l’échiquier politique. Les politologues lui disaient apparemment que l’herbe y était plus verte : les écolos Yann Wehrling, Jean-Luc Bennahmias et Corinne Lepage lui ont somme toute donné raison, qui tous trois ont choisi de rejoindre en marche le pèlerinage solitaire du Christ nu de la politique française. « Hors de mes terres, visage pâle », lui ont rétorqué dles socialistes peu enchantés par l’invasion centriste. Et ceux-ci, autocentrés comme une tribu indienne, de repousser Bayrou à leurs marges :
c'est un homme de droite, vous dis-je, le monde doit le savoir.

Aujourd’hui encore, la récente sortie de son livre Abus de pouvoirs attise la rancœur de ses chasseurs : catapulté premier opposant de France, ils sont 44% à estimer envisageables un retour en grâce et une éclipse centriste du soleil socialiste. Plus de 80 000 exemplaires vendus en une quinzaine, selon sa maison d’édition. A côté, le feu de paille de Dominique Paillé ['est un des gratinés du fond du panier IL] reste sans effet. Caramba, encore raté ! Et maintenant, le poil à gratter de la gauche et de de la droite se met en tête de perturber la campagne européenne, maintenant le MoDem dans les sondages à un étiage plus que satisfaisant. Las : traqué, pourchassé par une meute d’aboyeurs, force est de constater que le gibier Bayrou parvient à « ruser », comme disent les veneurs pour qualifier un gibier qui parvient à s’échapper.

Mais comment diable celui qui vagabonde dépouillé, le front meurtri de ses échecs politiques, et ne drague avec lui qu’un chapelet de pauvres hères (vous savez ce qu'ils vous disent les pauvres hères ? IL ), derniers dans la hiérarchie des bankable people, mais à qui il promet d’être les premiers dans l’Au-delà démocratique, fait-il pour exister toujours dans les médias?

 
Seul mais soutenu par une immense foule silencieuse...

Lire la suite de la chronique de Nick Carraway sur Marianne 2


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Nick Carraway 25/05/2009 20:15

Un très bon article, assurément ;-)

Bravo pour ce blog !