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Etre ou ne pas être "maçon d'une façon pénible" par le ministre des retraites

20 Juin 2010 , Rédigé par Isabelle Loirat Publié dans #Société

 

Eric Woerth nous en a sorti une bien bonne ce matin sur Europe 1 à propos des retraites et de la pénibilité. Alors qu'il tentait de justifier son refus de reconnaître la pénibilité de certains métiers en général, préférant le traitement des cas individuels (10 000 personnes concernées), il a osé dire : " vous avez 36 000 manières d'exercer un métier, vous pouvez être maçon d'une façon et maçon d'une autre façon, vous pouvez être maçon d'une façon pénible, d'une façon terrible sur le plan physique et vous pouvez être maçon d'une façon non terrible sur le plan physique."

http://www.europe1.fr/MediaCenter/Emissions/Le-grand-rendez-vous/Sons/Le-Grand-rendez-vous-avec-Eric-Woerth-20-06-10-218570/ (à 16:30 mn)

 

Ben oui ! vous pouvez être un maçon qui fait de la danse par exemple ! Oui, c'est bon pour le dos et apprendre à bien se tenir. Vous pouvez aussi être un maçon qui peut se payer un coach perso et périnéal comme le couple présidentiel pour vous prodiguer tout un tas de bons conseils pour ne pas vous relâcher. Vous pouvez aussi être un maçon qui a un bon avocat, qui aurait bien négocié auprès de votre patron pour être un maçon - que dis-je THE MAçON - qui ne porte pas de lourdes charges toute la journée, qui ne travaille pas dehors par tous les temps, qui arrive à 9 heures sur le chantier quand les copains qui sont "maçons d'une façon pénible" eux sont sur le chantier à 7 h 30 et se tapent le vrai boulot de bâtisseur à votre place ! Vous pouvez aussi être un maçon qui exige de ne travailler que sous parasol en été et en bleu de travail chauffant en hiver, et pourquoi pas un maçon muni d'un éventail en cas de chaleur excessive, de gants (comme les joueurs de foot de l'équipe de France pour protéger vos mains et vos doigts de toutes ces blessures quotidiennes. Vous pouvez aussi avoir été un maçon bien informé qu'il ne fallait pas travailler au milieu des plaques de fibro ou d'amiante et autres produits toxiques etc...Vous pouvez, vous pouvez, vous pouvez aussi lui mettre un parpaing !

 

 

 

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Lionel JOUAN 27/06/2010 12:08


Eh oui !!! Comment un ancien de HEC peut-il se permettre de donner des "leçons" de pratique d'un travail manuel ? Notre bon La Fontaine en eut sûrement fait une fable !!! Être maçon c'est un boulot
pénible, la cause est entendue qu'on se le dise ...

Sauf que ... sauf que, à y regarder de près, quelle évolution depuis 50 ans. A l'époque les sacs de ciment pesaient 50 kg, le béton était malaxé sur les chantiers dans de grosses bétonnières, qu'il
fallait alimenter en chargeant manuellement le "skip" à la pelle depuis un tas de gravier et un tas de sable, y vider sacs après sacs le ciment, puis rouler le béton à la brouette, souvent en
équilibre sur des madriers. A l'époque les grues sur camions étaient inconnues, et on était à l'aube des chariots élévateurs, tout se faisait à la main ... or maintenant le béton est livré par
"toupies", déversé au "tapis", voire grâce à une pompe, on ne tire plus la "chape" à la règle, accroupis au sol, mais debout, avec une règle vibrante, les éléments sont déposés à hauteur de travail
par les grues ... oui effectivement l'aspect ardu du travail du maçon est déjà un peu du passé, il n'a peut-être pas tort au fond ce cher Woerth...

Ah oui aussi, en traînant ses bottes sur les chantiers, on voit deux extrêmes d'individus: les placides et les agités. ces derniers en font "des tas", ils prennent la "colle" à la pelle , la
déposent sur tout le rang précédent de parpaings, puis prennent chaque parpaing qu'il y déposent à force de coup de marteau, bavant à outrance du mortier, cassent parfois un morceau de parpaing et
courent alors au sol chercher un morceau de planche, éventuellement le coupent, remontent sur l'échafaudage positionnent la planche, façonnent un bout de fer pour la tenir, remplissent le trou de
mortier, et recommencent continuellement ce travail de fourmi besogneuse, et en fin de journée ramassent l'excédent de colle qui s'est agglutiné au sol. A côté vous avez le placide, lui il a
commencé par approvisionner à hauteur de travail ses parpaings, puis du geste sur du "pro" il dépose la quantité de "colle" juste nécessaire avec sa truelle, y pose délicatement son parpaing qui se
positionne tout seul, sans coup de marteau, donc sans risque de casse, et arase le léger superflu sur le joint horizontal. Oui il aussi un truc, pour aligner ses parpaings il utilise la ficelle
avec pointes, qu'il ne rerègle pas à chaque parpaing posé ... Et alors bien sût le placide sera beaucoup moins fatigué à la fin de la journée, pour lui le métier de maçon sera beaucoup moins
pénible. Ah au fait ... à la fin de la journée, chose curieuse, c'est le placide qui aura monté le plus de parpaings et aura fait le travail le plus propre.

Conclusion : ce "brave" Woerth n'a peut-être pas énoncé des contre vérités, mais avant d'être ministre il avait exercé le travail de conseil en entreprise, il a peut-être appris cela à cette
époque.

Je citais notre La Fontaine au départ de ce mot, mais souvenez-vous de la mouche du coche, chez les hommes aussi il y en a qui s'agitent beaucoup mais ne sont guère productifs et sont beaucoup plus
fatigués que ceux qui méthodiquement avancent ...