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"Il y aura d'autres Xynthia". Freddy Vinet, agrégé de géographie

31 Août 2010 Publié dans #La Loire - la Mer - l'Eau

 

Si les questions de l'eau, de la Loire de la Mer, des risques inondation, des pollutions de l'Eau font partie des thèmes traités dans ce blog, Freddy Vinet y est pour beaucoup. J'ai été l'une de ses étudiantes lorsqu'il enseignait à l'Université de Nantes. C'est même sous sa direction que j'ai eu la chance de faire des recherches sur la Loire. Je n'aurais jamais crû qu'un jour j'aurais un blog à travers lequel je pourrais rendre hommage à tous ces géographes, tous ces profs qui ont marqué mon itinéraire. 

 

Un expert : « Il y aura d'autres Xynthia en France» logo ouest france

 

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Freddy Vinet PL 2771805 1 px 501 w ouestfrance

 

Freddy Vinet : « Il faut agir sur les vulnérabilités humaines ».

 

 

Freddy Vinet a visité les sites submergés par la tempête Xynthia. Il pense que, dans la prévention du risque, on a sous-estimé la vulnérabilité du bâti.

 

Freddy Vinet, originaire de la Vendée, est agrégé de géographie, professeur à l'université de Montpellier et chercheur au laboratoire Gestion des territoires et des risques (Gester). Ses travaux portent sur la prévention du risque inondation.

 

- Depuis le 28 février, vous vous êtes déplacé trois fois dans les communes sinistrées par la tempête Xynthia. Qu'y avez-vous observé ?

 

J'ai relevé l'extrême vulnérabilité du bâti. Sur les 29 victimes de La Faute-sur-Mer, 24 ont péri dans des maisons de plain-pied qui ne disposaient d'aucun refuge à l'étage. D'où mon idée qu' il faut davantage agir sur cette vulnérabilité quand il y a danger de submersion.

 

- Ne s'est-on pas trop concentré sur les digues, en croyant qu'elles étaient incassables ?

 

Je ne dis pas qu'il ne faut pas s'occuper des digues. Mais en France, on a trop vu la protection des personnes par ce seul angle. En oubliant que le destin d'une digue, je le dis de manière provocante à dessein, est de casser. Ce faisant, on a oublié d'agir sur les vulnérabilités humaines : le manque de conscience du risque ou un bâti exposé, surtout lorsqu'il est occupé par des personnes âgées.

 

- L'État a tiré un trait sur une carte et défini « des zones noires », puis « de solidarité », où les maisons devaient être rasées. Que pensez-vous de la méthode ?

 

Je ne mets pas en cause l'idée de délocalisation de maisons. Mais ces reconstructions, il faut les préparer. Or l'État, c'est pour le moins une maladresse, a agi à la serpe là où il fallait faire dans la dentelle. Car sur place, les situations par rapport au risque sont très hétérogènes. Du fait d'une microtopographie, il y a des maisons qui, à 50 m de distance, ont eu 1,50 m d'eau et d'autres pas. J'observe que l'État, depuis, corrige sa première approche.

 

- Xynthia a-t-elle fait progresser la conscience du risque de submersion marine ? Et met-elle la France à l'abri de drames semblables ?

 

Les scientifiques connaissaient ce risque. Mais il y a un gouffre entre les connaissances scientifiques et la représentation mentale de cette réalité qui peut occasionner d'immenses dégâts. Ne nous méprenons pas, il y aura d'autres Xynthia, c'est probable. Car en France, bien des secteurs sont menacés : l'estuaire de la Gironde, l'île de Noirmoutier, plusieurs endroits du littoral méditerranéen...

 

- Comment prévenir, alors ?

 

Pour prévenir, il ne faut pas s'arrêter à la seule question de la digue. Car une digue protège d'événements moyens, mais pas d'inondations gravissimes. Il faut améliorer les plans de secours, renforcer les habitations, construire des zones refuges...

 

- Avec l'appétit croissant pour le littoral, comment mettre les maires à l'abri de la pression immobilière ?

 

L'État doit jouer son rôle de protection, de régulation, à travers les Plans de prévention des risques d'inondation (PPRI). Parce qu'on voit bien que la démocratie locale a des limites lorsqu'il s'agit de protéger les personnes dans des circonstances extrêmes.

 

Recueilli par Gaspard NORRITO.

 

« Le risque inondation » : tel est le titre de l'ouvrage écrit par Freddy Vinet, récemment publié aux éditions Lavoisier. 320 pages denses, abondamment illustrées de photos et de cartes. Prix : 85 €. Un ouvrage de référence en vente dans les librairies spécialisées. Disponible aussi sur commande, accompagnée du règlement, auprès de la librairie Lavoisier, 14 rue Provigny, 94236 Cachan cedex. Tél. 01 47 40 67 00. Internet : www.lavoisier.fr Mail : info@lavoisier.fr

 

Ouest-France

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