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La filière nucléaire française ne fonctionnerait-elle pas ?

18 Novembre 2009 , Rédigé par Isabelle Loirat Publié dans #Energies

 
"Mon ambition est d'avoir une filière nucléaire française qui fonctionne"  déclare Henri Proglio, qui prendra ses fonctions la semaine prochaine à la tête de l'électricien public.
"Cela implique qu'on repense toute la filière, en particulier les rôles d'Areva et du CEA".

Source : "Le futur patron d'EDF cherche à mettre la main sur la filière nucléaire française" Libération du 18 novembre 2009 .
 
Mais alors la filière nucléaire française ne fonctionnerait pas ?
Les déboires de l'aventure EPR expliquent sans doute cela.


 

Chronologie de l'EPR  2003- 2009 par Catherine Gouëset publiée le 10 11 09 sur l'Express.fr

Décembre 2003: signature, par un consortium mené par Areva, d'un contrat pour la fourniture d'un réacteur EPR (European Pressurized Water Reactor, réacteur à eau pressurisée européen) à l'électricien finlandais TVO, sur le site d'Olkiluoto.


2004
 

 

Avril: après des mois de consultations, le Premier ministre Jean-Pierre Raffarin donne son accord au lancement d'un réacteur nucléaire de troisième génération EPR en France.

Juin: EDF engage la consultation pour décider du site du réacteur EPR. Sont à l'étude Penly (Seine-Maritime), Flamanville (Manche) et Gravelines (Nord).

Octobre: le site de Flamanville est retenu pour la localisation du futur réacteur de troisième génération. Il doit devenir la vitrine commerciale de la filière nucléaire française.

 

Février 2005: début des travaux du réacteur EPR à Olkiluoto en Finlande. La mise en service; initialement prévue en 2009, sera peu à peu repoussée jusqu'en 2012 en raison de problèmes techniques et de retards successifs.


2006
 

 

Février: la commission particulière du débat public EPR clôture ses travaux, dressant un bilan en demi-teinte. Les anti-nucléaires l'estiment vide de sens, la décision de construire l'EPR étant déjà actée.

Mai: le conseil d'administration d'EDF entérine le coup d'envoi de l'EPR de Flamanville, pour un investissement de 3,3 milliards d'euros.

Juillet: une délégation d'écologistes dépose une pétition de 43 000 signatures contestant la procédure d'enquête publique sur le réacteur à eau pressurisée.

Septembre: EDF choisit Alstom et Bouygues pour la construction de la centrale de troisième génération de Flamanville.

Octobre: sept associations déposent un référé devant le tribunal administratif de Caen pour faire suspendre les travaux du réacteur EPR dans la Manche, "les travaux de terrassement ayant débuté avant l'avis favorable de la commission d'enquête publique", et "le décret gouvernemental de création de l'EPR". Le tribunal administratif rejette ce recours.


2007
 

 

Avril: l'Autorité de sûreté du nucléaire publie un avis positif sur le projet de décret autorisant la création du réacteur EPR de Flamanville. A dix jours du premier tour de l'élection présidentielle, le gouvernement autorise par décret la construction du réacteur de Flamanville, provoquant un tollé dans l'opposition.

Juin: Areva et EDF lancent la certification de leur réacteur EPR au Royaume-Uni.

Juillet: EDF annonce son entrée au capital de Constellation, un des géants américains de l'énergie, au moment où une version américanisée du réacteur EPR de quatrième génération a été retenue par Constellation.

Novembre: après plusieurs mois de report, Areva conclut la vente de deux réacteurs EPR de troisième génération en Chine.

Décembre: Areva dépose le dossier de certification de son réacteur EPR auprès de l'autorité de sureté nucléaire américaine, avec pour objectif la construction d'une centrale en 2015.


2008
 

 

Février: Areva menace d'aller en justice contre l'électricien finlandais TVO pour la construction de la centrale d'Olkiluoto, en raison des "retards récurrents" que connait le chantier.

Avril: à la suite d'une inspection effectuée en mars à Flamanville, l'Autorité de sûreté nucléaire déplore des "insuffisances" sur le chantier de l'EPR.

L'électricien allemand E.ON retient le réacteur nucléaire de troisième génération d'Areva pour ses centrales au Royaume-Uni.

Juin: en pleine flambée des prix du brut, le Premier ministre François Fillon déclare que le gouvernement réfléchit à la construction d'un deuxième réacteur EPR.

Juillet: Nicolas Sarkozy confirme la construction d'un second réacteur EPR en France.

Août : Greenpeace demande l'arrêt de la construction du réacteur EPR en Finlande, affirmant détenir des documents confidentiels faisant état de problèmes de sécurité "inquiétants". Helsinki demande à l'autorité finlandaise de sûreté nucléaire de s'expliquer sur ses méthodes d'inspection des soudures sur le site d'Olkiluoto.

Octobre: l'électricien finlandais TVO refuse le principe d'un partage des responsabilités et des surcoût pour le site d'Olkiluoto.

Dans le même temps, à la suite de difficultés techniques rencontrées à Flamanville, Bouygues annonce à EDF que le bétonnage du plancher du réacteur accusera un retard de plusieurs mois.

Décembre: EDF relève de près de 20% la facture de son réacteur de Flamanville. Alors que le coût initial du projet était estimé à 3,3 milliards d'euros, il dépasse désormais les 4 milliards.

Areva lance une procédure d'arbitrage contre l'électricien finlandais TVO concernant les retards du chantier. La branche suédoise de la Chambre de commerce internationale de Paris devra établir les responsabilités des contractants dans ces retards. Le mois suivant, TVO demande, à ce titre, des dommages de 2,4 milliards d'euros.


2009
 

Janvier: le site de Penly, en Seine-Maritime, est choisi pour accueillir la deuxième centrale française de type EPR. EDF est chargé de la réalisation, dans le cadre d'une "société de projet" dont il aura la majorité. GDF-Suez y est associé. Pour Greenpeace, le réacteur EPR produira "des déchets sept fois plus radioactifs" que les réacteurs classiques, ce que le groupe Areva conteste.

Avril: deux hauts responsables de la sécurité d'EDF sont suspendus de leurs fonctions. Ils sont soupçonnés d'avoir fait espionner Greenpeace et l'association Sortir du nucléaire.

Mai : l'Autorité finlandaise de sûreté nucléaire impose à Areva d'interrompre certaines soudures à la suite de contrôles insatisfaisants.

Août Areva annonce des résultats en baisse en raison notamment d'une nouvelle provision pour le réacteur EPR finlandais due à des délais et des coûts supplémentaires.

EDF s'associe à l'électricien italien Enel en vue du développement de réacteurs EPR dans la péninsule.

Novembre: les autorités française, finlandaise et britannique demandent à Areva "d'améliorer la conception initiale de l'EPR", qui ne garantit pas en l'état actuel le niveau de sécurité requis.

Chronologie de l'EPR  2003- 2009 par Catherine Gouëset publiée le 10 11 09 sur l'Express.fr

Energies, Déchets nucléaires, Areva Atomic Anne Lauvergeon,

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