aeroport notre- dame-des-landes
Presse Océan : Info ou Intox à propos d'une drôle d'image
Il y a quelques jours j'ai publié une image sur mon blog isabelleloirat.over-blog.fr
http://www.isabelleloirat.fr/
Aujourd'hui je lis dans la presse locale une fausse affirmation : "Isabelle Loirat, conseillère municipale Modem, farouchement opposée à un nouvel aéroport a détourné la campagne d'affichage du président de Nantes Métropole et se fait sa petite pub au passage. Sur son blog une des affiches est reprise".
Diable, c'est me faire trop d'honneur, moi qui suis bien incapable de faire un tel montage avec un ordinateur. La méthode ne me ressemble pas, c'est au grand jour que je participe à la Vigie citoyenne devant le Conseil Général de Loire-Atlantique, que je m'exprime au Conseil municipal et sur mon blog.
CES PROPOS SONT DIFFAMATOIRES.
Je n'ai fait que publier une image qui circule partout depuis quelques temps et que j'ai trouvée pleine d'humour. Elle existe même maintenant dans la version "autocollant".
Mon blog tourne très bien sans cette image (qui a d'ailleurs été très peu consultée) et je n'ai pas besoin de cela pour "me faire de la pub". Les 15000 pages déjà lues sur mon blog sont dues aux dossiers qui y sont traités comme le projet d'aéroport Notre-Dame-Des-Landes ou le téléphérique sur la Loire.
C'est aux vrais auteurs de ce détournement d'images qu'il aurait fallu rendre hommage.
Cette image, nous l'avons vue pour la première fois, il y a quelques semaines, à notre plus grande surprise, dans un panier de "Bicloo" ! Nous nous demandions même qui avait eu cette idée drôle et pertinente.
Lorsqu'elle m'est parvenue par Internet, envoyée par les réseaux des opposants à NDDL avec qui nous sommes en contact bien sûr, je l'ai publiée sur mon blog. Elle est parlante et en dit plus qu'un long texte. J'avais pris soin de préciser qu'il s'agissait d'humour et d'une image "détournée" (en référence aux avions) dans le titre de mon billet. Il existe d'ailleurs une autre image "détournée" bien plus mordante que je n'avais pas publiée. Je vous laisse le soin de la trouver.
Nos blogs sont très utiles pour communiquer directement avec les citoyens et nous y publions tous nos communiqués de presse, nos propositions, nos interventions, nos points de vue sans être dépendants du bon vouloir des rédactions.
Je ne suis pas à l'origine de cette image. Dommage que Presse O n'ait pas pris le temps de vérifier l'information et de me poser la question pour le savoir.
Humour et détournement...

Je tiens à préciser que ce n'est pas moi qui ai fait ce montage, contrairement à l'information erronée publiée par Presse Océan. Nous avons trouvé cette image dans un panier de Bicloo à Nantes.
I. Loirat le 19 octobre 2009
Aéroport NDDL : "Folie des grandeurs" selon les pilotes

« À Londres, le dixième aéroport du monde accueille 34 millions de voyageurs et n'a qu'une piste, comme à Nantes... ». Photo : Archives / Franck Dubray
Faut-il construire un aéroport tout neuf à Notre-Dame-des-Landes, au nord de Nantes ? « Folie des grandeurs », pointent deux pilotes chevronnés. Ils survolent la métropole nantaise régulièrement.
Ces deux commandants de bord appartiennent à une compagnie aérienne basée à Nantes. L'un d'eux est représentant du personnel. Ils ont souhaité garder l'anonymat.
Que pensent les pilotes du projet d'aéroport à deux pistes parallèles envisagé à Notre-Dame-des-Landes, au nord de Nantes ?
Ça ricane. On se moque des hommes politiques décidés à construire un projet pharaonique, un grand aéroport de l'Ouest à quatre millions de passagers, dans un contexte où, au mieux, hors crise, le trafic en Europe ne progresse que de 1 %. Contrairement à l'Asie, qui fait des scores à 5 % et plus.
Pourquoi ces moqueries ?
Parce qu'à Londres-Gatwick, le dixième aéroport du monde, qui accueille 34 millions de voyageurs, il n'y a qu'une piste, comme à Nantes, où on n'en a que 2,7 millions. Et ne parlons pas de Genève, où l'on n'a qu'une piste et du relief autour.
Que répondez-vous à ceux qui avancent le danger du survol de Nantes ?
Pourquoi cet argument aujourd'hui, alors qu'on survole Nantes depuis trente ans sans incident, hormis cette histoire de charter perdu (1) ? Lorsqu'on se pose à Londres, on longe la Tamise. On survole aussi Amsterdam, Paris, Toulouse...
Construire un nouvel aéroport, c'est quand même diminuer les risques, non ?
Si on veut dépenser des sommes folles pour cette seule raison du survol de Nantes, alors c'est légitime, car on ne peut, pour l'instant (mais la technique évolue vite), éviter la ville avant l'atterrissage.
Nous nous posons toutefois des questions : pourquoi ne nous permet-on pas de faire une approche à vue par beau temps ; ça éviterait de survoler toute la ville ? Pourquoi l'aéroport actuel ne s'est-il pas équipé d'un deuxième ILS, un instrument électronique très précis de navigation pour l'atterrissage, qui nous permettrait une approche de précision et une sécurité béton en survolant Nantes ?
Notre-Dame-des-Landes n'offre-t-il pas l'occasion de drainer une nouvelle clientèle dans l'Ouest et au-delà ?
Allons, ce n'est pas un nouvel aéroport qui nous donnera une liaison régulière Nantes-San Francisco ! On réduit la toile partout. Le trafic ne va pas redémarrer comme en 14... On n'est pas dans une crise passagère, comme celle de l'après-11 Septembre. Et on pourrait bien avoir Notre-Dame-des-Landes et les compagnies à bas coûts, comme Ryanair, ailleurs, car elles ne voudront pas payer les taxes aéroportuaires. Et que deviendra l'aéroport de Rennes avec cette concurrence nouvelle ? Et l'aéroport d'Angers, qui n'accueille même pas une seule compagnie aérienne régulière ?
Les deux pistes ne sont-elles pas une chance de développement économique ?
Deux pistes, c'est du délire ! Le trafic ne le justifie pas. Il y a plein d'endroits où les pistes moisissent. À Bordeaux, on n'utilise plus la deuxième piste. À Metz-Nancy, on a une piste magnifique créée il y a quinze ans, mais personne n'y va.
Et que répondez-vous aux riverains de Nantes-Atlantique qui souffrent du bruit et veulent le transfert ?
Les avions font du bruit. Mais il y aurait moins de problèmes si on n'avait pas laissé construire autour de Nantes-Atlantique. D'ailleurs, qui peut garantir que ça ne recommencera pas à Notre-Dame-des-Landes, où la pression foncière et immobilière se fait déjà sentir ? Pour l'heure, seules certitudes : on va gâcher un énorme espace agricole. Et ça va coûter très cher : 600 millions d'euros, un milliard, deux milliards... on ne sait pas. Mais pour quelle véritable utilité ?
Recueilli par Gaspard NORRITO.
(1) Les pilotes font allusion à l'incident du 21 mars 2004. Par mauvais temps, un avion avait fait un écart de trajectoire et s'était retrouvé très bas, avant de remettre brusquement les gaz.
La communication officielle sur NDDL est elle digne de confiance ?
Dominique F., interanute Orvault : "Rêves ou réalité"
Au-delà des opinions et des désirs de chacun, des hypothèses imaginées et des ambitions, il y a la réalité.
Au sujet du projet d’aéroport, la seule certitude que nous ayons, c’est que la population du Grand-Ouest n’augmenterait pas de façon magique du fait d’un déplacement de 30 kms des vols commerciaux.
L’évolution du trafic n’est pas fixée par décret et dépend de multiples facteurs, économiques, climatiques désormais, fiscaux (taxe carbone), énergétique (prix du pétrole), de la concurrence du rail, et enfin de la stratégie des compagnies aériennes.
Côté financement, des projets comparables à celui de NDDL ont coûté 4 à 6 fois les estimations officielles de 500 M € !! Le financement public des infrastructures d’accès n’est pas assuré, surtout celui de l’accès ferré.
En raison des incertitudes qui pèsent sur la viabilité du projet, Nantes Métropole, le Conseil Général de Loire Atlantique et la Région Pays de la Loire ( et non pas l’Etat) se sont engagés à l’égard des candidats à la concession à compenser un déficit éventuel.
Maintenant, je résume les certitudes au sujet de l’aéroport actuel et dont beaucoup ont été citées précédemment :
- Nantes Atlantique est ( déjà) un aéroport international et sa piste est utilisée au tiers de sa capacité.
S’il y a consensus pour die qu’elle est mal orientée, sa réorientation pour éviter le survol de Nantes n’a pas été réétudiée (contrairement à ce qui est dit encore aujourd’hui).
- l’aéroport est desservi par une voie ferrée et l’usage des parkings (HQE sans doute) a été préférée à l’utilisation de celle-ci.
Enfin, depuis 10 ans, si le nombre de passagers a augmenté (du fait de la taille des avions et d’un meilleur remplissage), le nombre de vols est stable à Nantes ! (source officielle DGAC).
En conclusion, la communication officielle sur l’aéroport est-elle digne de notre confiance ?
(29/09/09)
Publié sur nantesmaville et dans Ouest France version papier le 2 octobre 2009
Pour une LGV Ligne à Grande Vitesse Nantes- Paris de bout en bout !
Pour une LGV Ligne à Grande Vitesse Nantes- Paris de bout en bout !
"Le temps gagné sur l'axe Paris Nantes est d'autant plus notable qu'il ne l'est en réalité que sur le seul tronçon Paris Le Mans, où les trains peuvent rouler à 300 km/heure.
Leur vitesse est en effet limitée à 200 km/heure jusqu'à Angers et même 160 après.
DOMMAGE : si l'ensemble de la ligne était aux normes de la Grande Vitesse, Nantes ne serait qu'à 1 h 20 de Paris-Montparnasse." (G.Frouin, 20 Minutes le 23 septembre 2009)
Oui DOMMAGE pour Nantes que les décideurs locaux aient fait le mauvais choix d'un aéroport à Notre-Dame-Des-Landes plutôt que celui de la LGV de bout en bout entre Nantes et Paris.
(DOMMAGE aussi que 20 Minutes n'ait pas mis en ligne cette partie de l'article)
Rappel : la liste MoDem conduite par Benoît Blineau était la seule à proposer cette LGV de bout en bout dans son programme des Municipales 2008 comme proposition alternative à ce fichu projet d'aéroport NDDL pour lequel nous demandions un MORATOIRE.
Photo : Xinhua/AFP
Ci-dessous nos propositions extraites du programme Changeons d'ère !
RELIER NANTES À L’EUROPE, À TRÈS GRANDE VITESSE
Mettons Paris à 1h30 de Nantes par une ligne LGV de bout en bout.
POUR :
- nous rapprocher des capitales européennes,
- inciter les entreprises à investir en métropole nantaise,
- proposer une alternative à l’avion vers Roissy (300 000 passagers/an),
- être prêts pour l’arrivée des futures rames AGV ou Automorice à Grande Vitesse (360 km/h).
Moratoire concernant le projet Notre Dame des Landes.
MODERNISER L’AÉROPORT NANTES-ATLANTIQUE
Modifier l’implantation actuelle de la piste de Nantes-Atlantique.
Développer le ferroutage par la ligne ferroviaire déjà existante.
Améliorer la desserte passagers : création du RER Châteaubriant-Pornic, via l’Île de Nantes et liaison avec les lignes de tramway.
POUR :
- sécuriser l’approche des avions et diminuer les survols de Nantes,
- moderniser et rentabiliser un équipement existant (trafic actuel : 2,5 millions de passagers / an - capacité : 9 millions de passagers /an),
- maintenir l’activité économique en Sud Loire,
- éviter les coûteux transferts d’entreprises.
Deux ans plus tard, Nicolas Hulot rejoint la position du MoDem 44 (étendu à l'ensemble du MoDem Pays de la Loire demain ?) et demande un moratoire. Nous ne pouvons que nous en réjouir. Il va même encore plus loin en demandant un référendum sur le sujet.
Pourquoi pas ?
Ce qui est sûr, c'est qu'il faut un débat démocratique qui pose la question qui n'a jamais été posée :
Avons nous, en 2009, Oui ou Non, vraiment besoin d'un nouvel aéroport à Nantes ?
N'y aurait il pas d'autre choix ?
Il faut enfin étudier sérieusement les solutions alternatives proposées par Solidarités Ecologie et Bernard Fourage (Etude Esg Infra) http://www.esginfra.fr/
Voir aussi le site de l'ACIPA pour signer la pétition contre l'aéroport NDDL
"Ne doutez jamais qu'un petit groupe d'individus conscients et engagés puisse changer le monde. C'est même de cette façon que cela s'est toujours produit." Margaret Mead, paléontologue
Nicolas Hulot : il faut réétudier le projet du nouvel aéroport de Nantes
« Le 3e aéroport de l’Ouest, c’est un cas d’école intéressant. Dans mon film, "Le syndrome du Titanic", je dis que le progrès ça vaut par des acquiescements et des renoncements. On fait plein de choses par inertie culturelle, Il y dix ans, le pic pétrolier nous semblait loin. On était en phase de croissance. Au sommet de Kyoto, on n’était pas encore bien d’accord, mais, aujourd’hui, on est obligé de faire des choix en fonction d’un certain nombre de contraintes. Celle que nous impose la planète en terme de ressources : la fin du pétrole, c’est pour bientôt et il n’y a pas de plan B. Et puis il y a les contraintes sociales : ce nouvel aéroport ne va pas dans le sens de l’histoire et dans le sens du Grenelle de l’environnement.
D’autre part, je mets en garde sur la question des réserves foncières. La France n’est pas à l’abri d’une crise alimentaire. Dans ce dossier et de manière générale, je n’ai pas de vision dogmatique des choses. Je prends l’avion trois ou quatre fois par an pour mes tournages, mais j’estime concernant le dossier de l'aéroport qu’il ne serait pas indigne de prendre en compte tous ces nouveaux éléments. »

À Nantes, Nicolas Hulot est venu présenter en avant-première son film Le Syndrome du Titanic, hier soir.
Votre film dénonce les méfaits d'une croissance illimitée.
Que pensez-vous du projet d'aéroport de Notre-Dame-des-Landes ?
Ce projet d'aéroport est un cas d'école. Il ne va pas dans le sens de l'histoire, ni dans celui du Grenelle de l'environnement. On ne peut continuer dans cette voie par inertie culturelle. Nous serons obligés de faire des choix en fonction de deux contraintes : la fin du pétrole et la division par quatre de nos rejets de gaz à effet de serre. On ferait bien, aussi, de préserver les terres agricoles car l'autonomie alimentaire n'est pas gagnée chez nous.
En ce qui concerne ce projet, il faut que s'exerce un processus démocratique. Il mériterait qu'on s'interroge à nouveau et à la lumière des contraintes d'aujourd'hui, sur son utilité. À l'échelle de la région et, pourquoi pas, par le biais d'un référendum. Je ne vois aucune urgence à brûler les étapes. Il faut aussi se poser la question de savoir avec quoi les avions voleront dans vingt ans.
Le Syndrome du Titanic montre les dérives de la société marchande, mais vous êtes vous-même dans ce système ?
Contrairement à ce qu'on laisse entendre, je ne fais pas d'affaires, d'autres en font. Je suis salarié de TF1 et 99 % de mon temps est consacré à l'écologie. Moi, je n'ai pas une vision binaire des choses, je fais partie de ceux qui essaient de faire bouger le système de l'intérieur. Je crois à la pratique du cheval de Troie, je me sens libre. Je pense que le progrès n'apporte pas que de mauvaises choses mais qu'il a trop bien réussi.
Ce film sort après ceux d'Al Gore et de Yann Arthus-Bertrand. En quoi son message est-il nouveau ?
Il a été pensé indépendamment des deux autres mais il est complémentaire. Nous avons commencé à y travailler voilà cinq ans. Là où mon film se distingue, c'est qu'il traite de la dimension sociale et culturelle de l'immense mégapole marchande qu'est devenue la planète.
Recueilli par Jocelyne RAT.
Nicolas Hulot demande un moratoire sur l'aéroport à Notre-Dame-Des-Landes

Pour Nicolas Hulot, le projet d'aéroport de Notre-Dame-des-Landes est « un bel exemple de conformisme politique et culturel ».
Photo Jean-Pierre Muller/AFP
Selon le réalisateur, le projet d'aéroport de Notre-Dame-des-Landes ne va pas dans le sens de l'histoire.
Quel est le message du film que vous allez présenter ce soir à Nantes ?
« Chacun va probablement recevoir mon film d'une manière différente, avec des messages différents. Mais je ne fais pas de prosélytisme. La crise a changé d'échelle. Ce n'est plus seulement une crise écologique. Il y a une gravité extrême. Et chacun doit comprendre qu'il faut encore aller plus loin dans les mutations de nos modèles économiques. Cela passe par des choix de règles strictes, mais ces choix doivent être validés par les citoyens qu'il faut donc réussir à convaincre. »
La taxe carbone est-elle une bonne réponse ?
« C'est un élément de mutation, mais il faut le remettre dans le contexte franco-français. Et quand je vois les réactions par rapport à cette taxe, je vois bien que l'on n'est pas prêt. Et pourtant il est indispensable de se fixer des limites. La crise est aujourd'hui multiple : elle est économique, climatique, sociale. Et c'est aux états de fixer ces limites. C'est-à-dire que cela doit passer par la loi. La fiscalité est un moyen parmi d'autres, mais encore ne faut-il pas présenter ça comme un impôt supplémentaire. Car il est évident que personne n'a envie de payer plus d'impôts. »
Mais la France n'aurait-elle pas mieux fait de porter cette parole au niveau européen plutôt que de jouer seule en misant sur l'exemplarité de son geste ?
« Non, car toutes les études montrent que les pays qui anticiperont seront gagnants. Et en matière environnementale, la France commence, depuis quelques années, à rattraper son retard notamment avec le paquet des Grenelle. De toute façon, les contraintes climatiques nous obligent à aller plus loin.
Mais il reste que partout, les inégalités sont de plus en plus fortes.
Il faut donc des mesures justes et des actions solidaires pour ne pas condamner les exclus à la double peine d'être toujours exclus et d'être des spectateurs passifs.
Il est essentiel de rétablir l'équité. »
Comment peut-on responsabiliser le citoyen, notamment par rapport à la voiture ?
« Ce n'est pas seulement sur le citoyen qu'il faut agir. Si demain matin, l'Europe impose aux industries automobiles une norme de 0,5 g de CO2, le paysage changera. Dans le même ordre d'idées, les états doivent fixer des normes aux industriels qui ont une réelle capacité d'adaptation. Je le répète, nous sommes contraints à une évolution radicale. Autre exemple, il faudrait également veiller à ce que le grand emprunt aille au développement des transports en communs dans les zones qui en sont dépourvues. Mais quand on impose, il faut être capable d'identifier ceux qui sont dans une impasse et pour lesquels la solidarité doit jouer. C'est l'intérêt de lier l'écologie et le social. Il est indispensable de concentrer les moyens sur ces deux dimensions. »
Au vu de la situation que vous décrivez, croyez-vous que le projet d'aéroport du grand ouest à Notre-Dame-des-Landes est raisonnable ?
« Il ne va pas dans le sens de l'histoire. Je me pose la question de son utilité. On est très loin du Grenelle de l'environnement. Ce nouvel aéroport argue d'une augmentation du trafic aérien. Mais cette vision fait abstraction de la raréfaction de ressources en énergies fossiles dont le transport aérien est un gros consommateur. Ce projet est un bel exemple de conformisme politique et culturel. On fait parce que l'on peut le faire, sans se poser la question de savoir si cela participe à l'amélioration de la condition humaine.
Dans un climat apaisé, il faudrait prendre le temps de voir si on ne peut pas faire autrement. Je ne suis pas un ayatollah, je dis tranquillement les choses. Et je pense qu'il faudrait un moratoire pour remettre à plat les arguments des uns et des autres. Je l'ai dit au président de la République et au ministre de l'Environnement. »
Propos recueillis par Dominique Bloyet et Philippe Corbou
Tartufferie climatique - Chronique par Hervé Kempf Le Monde
"Cette chronique est dédiée à Molière, et à son immortel Tartuffe.
Communiqué du président de la région Aquitaine, Alain Rousset : "En plein débat sur la taxe carbone et à trois mois du Sommet mondial sur le climat qui se tiendra à Copenhague, l'heure est plus que jamais à la responsabilité politique et citoyenne." Mmmh, c'est beau comme l'Antique. La missive continue : "C'est pourquoi Alain Rousset a décidé de créer un "fonds carbone" pour financer en région Aquitaine des projets permettant de "séquestrer" le carbone." But : compenser les émissions liées au chantier de l'autoroute A 65, qui doit relier Pau à Langon. Pour un million de tonnes de gaz carbonique générées par le chantier lancé fin 2008, on financera des actions, par exemple la plantation d'arbres, supposés absorber une masse équivalente de CO2.
Ça sonne écolo, ça brille écolo, c'est plus vert que vert... Sauf que c'est une hypocrisie de la plus belle espèce.
L'autoroute A 65 est en effet un projet d'infrastructure des plus contestés et contestables, imposé après le Grenelle de l'environnement sous la pression assidue de M. Rousset, entre autres. Sa réalisation va détruire des zones naturelles classées, fragmenter l'écosystème landais, et susciter un surcroît de trafic routier (Le Monde du 12 avril 2008). La décision de lancer l'A 65 a été finalisée en 2008, après le Pacte écologique de Nicolas Hulot, le Grenelle de l'environnement, et une tornade de déclarations la main sur le coeur en faveur de la lutte contre le changement climatique.
Détail crucial. Alors que le trafic actuel entre Pau et Langon est de l'ordre de 7 500 véhicules par jour, l'autoroute ne sera rentable, estime le concessionnaire, l'entreprise A'lienor, que s'il atteint 14 500 véhicules par jour en 2020 : autrement dit, tous les efforts seront faits pour presque doubler la circulation automobile - ce qui ne peut qu'augmenter la quantité de gaz à effet de serre.
Est-ce qu'il est prévu de "compenser" cette augmentation inévitable ? Que nenni. On ne parle que des "émissions du chantier".
Mais compenser, même, ne suffirait pas. La plupart des pays occidentaux - dont la France, dans sa loi sur l'énergie de 2005 - ont pris l'engagement de réduire leurs émissions de 80 % d'ici à 2050. Cela représente une diminution de l'ordre de 3 % par an. Il s'agit bien, non pas de stabiliser les émissions, mais de les réduire drastiquement et régulièrement. On attend avec intérêt la démonstration que l'A 65 aidera à atteindre cet objectif en Aquitaine.
Tiens ! Un autre communiqué. "Nantes Métropole prépare activement le Sommet de Copenhague sur le climat sous l'impulsion de son président, Jean-Marc Ayrault".
Ayrault, Ayrault ? Ce n'est pas le monsieur qui veut construire un aéroport au nord de Nantes ?
Merci, MM. Rousset et Ayrault, l'avenir de la planète est en de bonnes mains. "
Hervé Kempf - Le Monde
Si, si c'est bien lui !
Bravo et merci, Monsieur Kempf, pour cette nouvelle savoureuse chronique !
Avec ce nouvel aéroport, ce serait "Nantes et plus... de carbone !"

I. Loirat
A Nantes, le projet de grand aéroport reste contesté - Article Le Monde du 11 aout 2009 par Hervé Kempf
A Nantes, le projet de grand aéroport reste contesté

LE MONDE | 10.08.09 | 13h55 • Mis à jour le 11.08.09 | 10h50
Notre-Dame-des-Landes (Loire-Atlantique) Envoyé spécial
Pour lire l'article d'Hervé Kempf sur le site du monde.fr
Un projet d'aéroport datant des années 1960 et prévu originellement pour accueillir le Concorde est-il le meilleur moyen de marquer l'entrée de la Bretagne dans le XXIe siècle ? C'est la question posée par quelques milliers de participants à la "Semaine de la résistance", qui s'est achevée, dimanche 9 août, dans les champs de Notre-Dame-des-Landes (Loire-Atlantique), commune située à vingt kilomètres au nord de Nantes.
Sur le papier, tout semble joué : soutenu par le PS, l'UMP et les milieux économiques, le projet de construction de l'aéroport sur 1 650 hectares a été validé, en février 2008, par un décret d'utilité publique signé par Jean-Louis Borloo, le ministre de l'écologie, et ce en dépit des engagements du Grenelle de l'environnement. En octobre, un appel d'offres sera fait auprès de quatre consortiums candidats à la construction.
Mais le doute gagne, tandis que l'unanimité politique se fissure.
Le maire PS de Saint-Nazaire, Joël Batteux, a déclaré, lors de son conseil municipal du 26 juin : "Le risque d'atteinte à l'environnement est réel. En face, il y a l'intérêt économique et social. Entre les deux, le doute vient de la crise. Ce qui peut nous amener à revoir définitivement ou temporairement la décision d'engager le projet d'aéroport."
Le MoDem départemental a pris position contre le projet. Lors des élections européennes de juin, Europe Ecologie - vivement opposé au nouvel aéroport - a infligé une cuisante défaite au PS à Nantes, fief du maire socialiste Jean-Marc Ayrault, principal promoteur de la nouvelle infrastructure.
Le dossier est discuté, malgré le soutien de l'Etat. "Le motif numéro un de Jean-Marc Ayrault est la sécurité des citoyens, indique-t-on au cabinet du maire de Nantes, actuellement en vacances. Avec l'aéroport existant, situé au sud de Nantes, dix mille avions passent chaque année au-dessus du centre-ville."
"TOUT CE QU'ON REJETTE"
Ce à quoi les opposants répondent que des alternatives existent : "On peut changer l'orientation de la piste de l'aéroport actuel, assure Geneviève Lebouteux, présidente de Solidarités Ecologie.
Il y a de nouvelles procédures d'atterrissage à utiliser. Il faut aussi étudier le partage du trafic avec d'autres aéroports régionaux.
Autre solution : revoir les liaisons ferroviaires avec, par exemple, un TGV direct sur Roissy. Le problème est qu'il n'a jamais été possible d'étudier à fond et de manière contradictoire ces alternatives."
Le projet entraînerait par ailleurs la disparition d'une cinquantaine d'exploitations agricoles qui prospèrent dans cette belle région de bocage. "Un important dispositif d'aménagement foncier et d'accompagnement des agriculteurs sera mis en oeuvre pour limiter et compenser du mieux possible les impacts", répond la préfecture de Loire-Atlantique.
Le coût du projet est lui aussi débattu. Il serait de 581 millions d'euros, selon ses promoteurs, sans compter les liaisons routières et ferroviaires nécessaires. Un chiffre sous-estimé, selon les opposants, si on le compare à ceux de la construction d'aéroports similaires à l'étranger.
La question la plus cruciale porte sur le besoin réel du nouvel équipement. Le trafic augmente régulièrement sur l'aéroport existant : +11 % en 2005 et 2006, +7,4 % en 2007, +5,5 % en 2008. Il marque certes un repli de 3 % en 2009, mais "moindre que la moyenne nationale de 6 %", selon la préfecture. Le nombre de mouvements reste cependant stable parce que les avions emportent plus de passagers qu'auparavant : "38 000 mouvements en 2007, contre 43 000 en 2000", selon Mme Lebouteux.
Pour l'instant, l'aéroport de Nantes voit passer 2,8 millions de passagers par an, alors que sa capacité est de 4 millions.
L'évolution des prix du pétrole, la poursuite de la crise et la fragilité du secteur aérien obèrent les prévisions d'augmentation de trafic.
Le besoin d'un nouvel aéroport est aussi contesté du fait que des pistes existent déjà dans la région. "Il y en a quatre dans notre département d'un million d'habitants : Nantes, La Baule, Ancenis et Saint-Nazaire, observe Isabelle Loirat, conseillère municipale MoDem à Nantes. Et alentour, encore Rennes, Vannes, Quimper..."
La surcapacité régionale est reconnue à demi-mot par les partisans du projet : "Chacun veut garder son aéroport, constate Jean-François Gendron, président de la chambre de commerce et d'industrie de Nantes. Mais une métropole commence à éclore, donc nous avons besoin d'équipements de niveau international."
Les promoteurs du projet envisagent 9 millions de passagers à l'horizon 2050, soit trois fois plus qu'aujourd'hui. Est-ce compatible avec la lutte contre le changement climatique, alors que la France veut diminuer ses émissions de gaz à effet de serre de 80 % d'ici à 2050 ? "Le trafic aérien ne représente que 1,5 % des émissions", dit-on au cabinet du maire de Nantes.
Deux visions de la société et de l'avenir s'opposent. "Je préconise le développement économique et le développement durable, dit M. Gendron. Il ne faut pas revenir à l'âge de pierre pour ces questions d'environnement."
Pour Dominique Fresneau, coprésident de l'Association citoyenne intercommunale des populations concernées par le projet d'aéroport (Acipa): "Ce projet cristallise tout ce qu'on rejette dans cette société : le réchauffement climatique, l'abus de pétrole, la surconsommation, la délocalisation et le gâchis des terres agricoles, qui devraient d'abord servir à nourrir les populations."
Aéroport : Regardez l'exemple de Genève
Depuis plusieurs jours, le journal publie des avis sur l'aéroport de Nantes, par le Préfet, le Maire de Reze, un Vice Président de Nantes Métropole, des associations, et des Internautes.
Il faudrait pour éclairer le débat donner plusieurs indications.
D'abord l'actuel aérodrome est en place depuis longtemps, sans remonter aux prémices, en 1956 en lançant AIR-OUEST la chambre de Commerce a acté sa naissance en tant qu'aérodrome commercial. Ceci veut dire que toute personne qui s'est installée depuis cette date dans ses environs l'a fait en connaissance de cause, acceptant de façon tacite les nuisances amenées par son fonctionnement.
Faut-il alors déplacer l'aéroport ou déplacer ces personnes ? Voilà une question intéressante.
Ensuite on voit évoquer des tas d'arguments fallacieux, j'invite toute personne de bonne foi à consulter sur Internet le cas de l'aéroport de Genève 1 seule piste et plus de 10 millions de passagers en 2007, une prévision à 14 millions pour 2020, toujours avec 1 seule piste. Sa situation, visible sur Internet, dans l'agglomération est présentée comme un atout, il est desservi par 1 autoroute, 2 lignes de transports urbains, un gare souterraine terminal de chemin de fer, une liaison par navette rail avec le centre ville en 6 minutes, le centre d'expositions internationales contigu ( les visiteurs du salon de l'automobile de Genève peuvent aller à pieds de l'aérogare au salon) etc..
La sécurité ? aucun accident ni incident.
L'environnement ? le Jura d'un côté, de l'autre les Alpes, en face le lac Léman, et tout autour de lui la ville. Ah j'oubliais un établissement sensible est juste au bord des pistes, le CERN, Centre Européen de Recherches Nucléaires. Pour lui aussi la proximité est un atout.
Alors faut-il changer notre outil en bordure de ville, avec une voie ferrée en bordure à raccorder, la contournante à proximité immédiate, et si on le voulait le tram en prolongeant la ligne 3 pour un outil uniquement flatteur pour l'ego de nos politiques ?
Lionel Jouan
Publié par Lionel Jouan aussi sur le forum de nantesmaville le 22 juillet 2009