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Nicolas Hulot demande un moratoire sur l'aéroport à Notre-Dame-Des-Landes

21 Septembre 2009 , Rédigé par Presse Océan Publié dans #Aéroport Notre- Dame-des-Landes

A la une de Presse Océan

lundi 21 septembre 2009 Événement. Nicolas Hulot est à Nantes ce soir pour présenter son film : « Le Syndrome du Titanic »

« Un moratoire pour l'aéroport »



Pour Nicolas Hulot, le projet d'aéroport de Notre-Dame-des-Landes est « un bel exemple de conformisme politique et culturel ».
Photo Jean-Pierre Muller/AFP

Selon le réalisateur, le projet d'aéroport de Notre-Dame-des-Landes ne va pas dans le sens de l'histoire.

Nicolas Hulot présente Le syndrome du Titanic comme « un appel à la raison et un acte politique ». Il y montre l'humanité sous tous ses aspects, des plus pauvres aux plus grands délires consuméristes. Comme pour lui ouvrir les yeux avant le grand naufrage prédit par les scientifiques... à moins de changer radicalement les choses.

Quel est le message du film que vous allez présenter ce soir à Nantes ?

« Chacun va probablement recevoir mon film d'une manière différente, avec des messages différents. Mais je ne fais pas de prosélytisme. La crise a changé d'échelle. Ce n'est plus seulement une crise écologique. Il y a une gravité extrême. Et chacun doit comprendre qu'il faut encore aller plus loin dans les mutations de nos modèles économiques. Cela passe par des choix de règles strictes, mais ces choix doivent être validés par les citoyens qu'il faut donc réussir à convaincre. »

La taxe carbone est-elle une bonne réponse ?

« C'est un élément de mutation, mais il faut le remettre dans le contexte franco-français. Et quand je vois les réactions par rapport à cette taxe, je vois bien que l'on n'est pas prêt. Et pourtant il est indispensable de se fixer des limites. La crise est aujourd'hui multiple : elle est économique, climatique, sociale. Et c'est aux états de fixer ces limites. C'est-à-dire que cela doit passer par la loi. La fiscalité est un moyen parmi d'autres, mais encore ne faut-il pas présenter ça comme un impôt supplémentaire. Car il est évident que personne n'a envie de payer plus d'impôts. »

Mais la France n'aurait-elle pas mieux fait de porter cette parole au niveau européen plutôt que de jouer seule en misant sur l'exemplarité de son geste ?

« Non, car toutes les études montrent que les pays qui anticiperont seront gagnants. Et en matière environnementale, la France commence, depuis quelques années, à rattraper son retard notamment avec le paquet des Grenelle. De toute façon, les contraintes climatiques nous obligent à aller plus loin.

Mais il reste que partout, les inégalités sont de plus en plus fortes.

Il faut donc des mesures justes et des actions solidaires pour ne pas condamner les exclus à la double peine d'être toujours exclus et d'être des spectateurs passifs.

Il est essentiel de rétablir l'équité. »

Comment peut-on responsabiliser le citoyen, notamment par rapport à la voiture ?

« Ce n'est pas seulement sur le citoyen qu'il faut agir. Si demain matin, l'Europe impose aux industries automobiles une norme de 0,5 g de CO2, le paysage changera. Dans le même ordre d'idées, les états doivent fixer des normes aux industriels qui ont une réelle capacité d'adaptation. Je le répète, nous sommes contraints à une évolution radicale. Autre exemple, il faudrait également veiller à ce que le grand emprunt aille au développement des transports en communs dans les zones qui en sont dépourvues. Mais quand on impose, il faut être capable d'identifier ceux qui sont dans une impasse et pour lesquels la solidarité doit jouer. C'est l'intérêt de lier l'écologie et le social. Il est indispensable de concentrer les moyens sur ces deux dimensions. »

Au vu de la situation que vous décrivez, croyez-vous que le projet d'aéroport du grand ouest à Notre-Dame-des-Landes est raisonnable ?

« Il ne va pas dans le sens de l'histoire. Je me pose la question de son utilité. On est très loin du Grenelle de l'environnement. Ce nouvel aéroport argue d'une augmentation du trafic aérien. Mais cette vision fait abstraction de la raréfaction de ressources en énergies fossiles dont le transport aérien est un gros consommateur. Ce projet est un bel exemple de conformisme politique et culturel. On fait parce que l'on peut le faire, sans se poser la question de savoir si cela participe à l'amélioration de la condition humaine.

Dans un climat apaisé, il faudrait prendre le temps de voir si on ne peut pas faire autrement. Je ne suis pas un ayatollah, je dis tranquillement les choses. Et je pense qu'il faudrait un moratoire pour remettre à plat les arguments des uns et des autres. Je l'ai dit au président de la République et au ministre de l'Environnement. »

Propos recueillis par Dominique Bloyet et Philippe Corbou

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