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Le Niger et nous : relations enrichies à l'uranium

19 Juin 2010 , Rédigé par Isabelle Loirat Publié dans #Economie - Energies

 

Peut-être avez vous lu ce matin l'article de Ouest France en page 2 Monde/Europe,

"Le Niger au bord de la crise alimentaire" et "que 7,8 millions de personnes - sur une population de 12 millions - se retrouvent en situation d'insécurité alimentaire."

 

Là bas on a appris aux agriculteurs nigériens à spéculer sur le prix des pommes de terre.

Ils ont été encouragés à ne pas vendre leur production juste après la récolte quand les cours sont bas justement parce que l'offre est importante, mais à déposer leur récolte dans des grands hangars "sécurisés" en attendant que les cours montent.

Résultat des courses : au bout d'un mois, les pommes de terre ont pourri dans le hangar "il a fait trop chaud, on n'a pas pu maintenir la température à l'intérieur du hangar à moins de 32 degrés". Donc les paysans n'ont plus rien à manger et ne peuvent plus vendre une récolte pourrie. En revanche les cours eux sont au plus haut.

Voilà ce qui arrive quand on arrive avec nos méthodes de "traders de la famine" et qu'on veut transformer les agriculteurs africains en spéculateurs. C'est effarant, notre monde tourne à l'envers, et ça va forcément péter un jour ou l'autre. Un système qui tourne ainsi ne peut perdurer, NE DOIT PAS perdurer.  

 

 

Vous avez sûrement, peut-être, ou pas du tout entendu parler d'un coup d'Etat au Niger en février dernier ? Voici quelques recherches que j'avais faites à ce moment là mais que je n'avais pas publiées. Le papier de Ouest France ce matin m'a donné envie de les partager avec vous, histoire de compléter l'info.

Le Niger est l’un des états les plus pauvres de la planète.

Mais c'est aussi le 3 ème pays producteur mondial d'uranium derrière le Canada et l'Australie. Une  population affamée dans un pays pourtant riche d'une matière première extrêmement recherchée.

 

Savez vous à quel point le destin énergétique de notre pays est lié à celui du Niger ?

Le groupe français nucléaire Areva (ex Cogéma + fusion avec Framatome) est présent depuis 40 ans au Niger, où il extrait près de la moitié de son uranium. Areva exploite actuellement deux gisements d'uranium au Niger, ceux de Somair et Cominak dans le nord du pays, qui devraient produire cette année 4 030 tonnes au total, contre 3 242 l'an dernier.

La France se trouve donc dépendante du Niger pour son approvisionnement en uranium, matière première indispensable pour faire tourner ses réacteurs nucléaires.

Tiens mais alors on ne serait pas plus indépendants avec le nucléaire et les pays producteurs d'uranium qu'avec les producteurs de pétrole ?

Sarkozy défend Areva au Niger, Cent pour cent de l’uranium en France provient de l’étranger, 
http://www.france24.com/fr/20090327-uranium-niger-areva-visite-sarkozy-lauvergeon-mamadou-tandja-nucleaire
 

Le nucléaire, l'uranium et l' "indépendance énergétique" française

http://www.dissident-media.org/infonucleaire/niger.html

France/Niger : des relations à forte teneur en uraniumFrance Info - 19 février 2010

Le Niger possède le fameux gisement d'Imouraren situé au nord du Niger, aujourd'hui considéré comme l'un des principaux gisements d'uranium au monde avec une capacité de production de 5 000 tonnes d'uranium par an. Le groupe français Areva investit 1,2 milliard d'euros dans ce nouveau gisement.

"Après plusieurs mois de négociation, le gouvernement du Niger et AREVA se sont accordés sur les conditions d’exploitation du gisement d’uranium d’Imouraren. Lundi 5 janvier 2009, Anne Lauvergeon, Présidente du Directoire d’AREVA et Mohamed Abdoulahi, Ministre des Mines et de l’Energie de l’Etat du Niger, entérinaient la prolongation du partenariat qui unit le groupe au Niger depuis près d’un demi-siècle en procédant à la signature de la convention minière et des statuts de la future société d’exploitation du gisement d’Imouraren, la réserve d'uranium connue la plus importante de toute l'Afrique et la deuxième au monde derrière celle d’Olympic Dam, en Australie." 

http://niger.areva.com/scripts/niger_home/publigen/content/templates/Show.asp?P=74&L=FR.


"Autrement dit une convention lui attribuant le permis d’exploitation de l'énorme gisement d’Imouraren et devenir ainsi maître de la plus grande mine d'uranium d'Afrique". http://www.afrik.com/article16046.html  


Seulement voilà ce gouvernement n'est plus, l'ex-président Mamadou Tandja a été renversé  par un putsch le 18 février dernier.
 

Le prochain gouvernement au Niger va t'il laisser Areva poursuivre son business là bas ?

Niger: le producteur d'uranium Areva à la merci des putschistes http://www.radio-kankan.com/Nouvelles-Radio-KanKan.161.0.html?&cHash=25f66efb46&tx_ttnews%5Btt_news%5D=5777

L’avenir d’Areva au Niger , où il exploite deux mines d’uranium, n’est plus aussi radieux. Les accusations du gouvernement nigérien reprochant au groupe nucléaire français de soutenir financièrement la rébellion touareg du Nord et l’expulsion de son directeur, Dominique Pin, le 25 juillet, ont jeté une ombre sur une coopération vieille de quarante ans. Nicolas Sarkozy et son homologue nigérien, Mamadou Tandja, s’en sont expliqué au téléphone, mardi 31 juillet. Et la visite à Niamey du secrétaire d’Etat à la coopération, Jean-Marie Bockel, samedi 4 août, devrait permettre de régler cette "mini-crise."

 

Areva reporte l'exploitation du gisement d'Imouraren au Niger (Reuters 26/02/10)

 

Areva annonce que la production d'uranium sur le gisement nigérien d'Imouraren ne débutera qu'en 2013 ou 2014, soit un à deux ans plus tard que prévu initialement en raison des conséquences de la crise financière.

Le groupe français continue de tabler sur une production de 5 000 tonnes par an pour ce site, a précisé le groupe français.
Concernant Imouraren, "nous ne serons pas en mesure de démarrer la production en 2012. Les premières tonnes d'uranium sont prévues en 2013-2014", a déclaré vendredi Moussa Souley, un porte-parole d'Areva à Niamey, dans un courrier électronique en réponse à des questions de Reuters.

  

Areva reporte l'exploitation du gisement d'Imouraren au Niger
http://www.lepoint.fr/actualites-economie/2010-02-26/areva-reporte-l-exploitation-du-gisement-d-imouraren-au-niger/916/0/428435

 

Voilà qui n'arrange pas les affaires d'Areva et de sa présidente Atomic Anne laquelle se retrouve sur un siège éjectable. 

 

Areva : Anne Lauvergeon serait sur le départ dans un contexte de relations très difficiles avec EDF http://www.lefigaro.fr/societes/2010/02/26/04015-20100226ARTFIG00455-areva-anne-lauvergeon-serait-sur-le-depart-.php  


La population n'est pas invitée au partage des richesses issues de l'exploitation de ces gisements d'uranium. D'où des révoltes comme celle des Touaregs dans le nord du pays.

 

Le Niger, victime de sa richesse - le JDD http://www.lejdd.fr/Ecologie/Actualite/Le-Niger-victime-de-sa-richesse-79184/

Malgré ses richesses minières, le nord du pays est régulièrement touché par des crises alimentaires et une dégradation de son environnement. Secoué par la rébellion touareg, le pays négocie au prix fort l'exploitation de l'uranium avec les firmes étrangères, dont Areva.

 

Ajoutez à cela des conséquences sur l'environnement et le fait que ces mines d'uranium se trouvent en plein territoire de rébellion des Touaregs.

http://www.france5.fr/etvous/France_5_et_vous/Demandez_le_programme/LE_MAG/LE_MAG_N_3/articles/p-1501-Niger_la_bataille_de_l_uranium.htm

 

Les sites d'extraction d'uranium sont situés dans les plaines désertiques du nord du Niger, en territoire touareg.
Au nord du Niger, dans une région de plaines désertiques où est implantée Areva, le fleuron français de l'industrie nucléaire, les Touareg ont pris les armes. Leurs revendications : un partage équitable des revenus issus de l'extraction d'uranium et des conditions d'exploitation du minerai qui respectent leur mode de vie, leur santé et leur environnement.
Quant aux Touareg et aux 80 000 âmes de la ville d'Arlit, à proximité des sites d'extraction, ils ont « gagné la poussière, la radioactivité, plus de pollution et plus d'atteintes à l'environnement », selon Moussa Tchangari, un militant associatif.

Pollution de l'eau, de l'air, des sols : le Niger paie un lourd tribut. De fait, l'eau des puits est polluée par l'acide sulfurique utilisé dans le traitement de la pierre.
L'air est chargé de poussières de minerais hautement radiotoxiques. Enfin, des matériaux irradiés récupérés par les mineurs se retrouvent dans les charpentes des maisons, les voitures ou les ustensiles de cuisine. 


http://www.criirad.org/actualites/dossiers-08/niger-areva/imouraren.html

Contamination à l’uranium au Niger et au Gabon : Areva accusée

http://www.afrik.com/article11482.html

Contamination radioactive au Niger ?

 Accusations de deux associations françaises contre le géant AREVA

http://www.afrik.com/article8346.html


Site du collectif Areva ne fera pas la loi au Niger http://areva.niger.free.fr/


Areva : les conditions d’exploitation de l'uranium au Niger vivement critiquées http://www.developpementdurable.com/environnement/2009/03/A1302/areva-les-conditions-dexploitation-de-luranium-au-niger-vivement-critiquees.html

 

Niger

 

 

 

Photo par  "Tsouret" disponible (en beau et en grand) sur le lien suivant 

C'est beau le Niger mais c'est où ?

carte-du-niger.png
En Afrique occidentale, au sud du Sahara, pays tropical aux reliefs peu élevés, pays quasi désertique (Ténéré), traversé par le plateau de l'Aïr au nord, la population vit essentiellement au sud du pays dans la plaine du fleuve Niger où se trouvent Niamey la capitale et les villes principales.
(Niger :  le fleuve des fleuves, nom d'origine touareg) qui contrairement à ce qu'on pourrait croire ne traverse qu'une infime partie du pays Niger au sud ouest.

Sans accès direct à la mer, le Niger souffre de son enclavement

Et tout ce qui touche à l'uranium, au nucléaire nous concerne au quotidien.
Un exemple ?


L'imagerie médicale menacée de paralysie mondiale


Le réacteur HFR est une petite installation nucléaire située à Petten, aux Pays-Bas. Il a été discrètement mis à l'arrêt, vendredi 19 février, pour des opérations de réparation et de maintenance.

Prévue pour durer six mois, cette mise au repos est passée relativement inaperçue. Elle n'en menace pas moins les approvisionnements mondiaux en molybdène 99 (99Mo), l'élément radioactif utilisé dans 80 % des protocoles d'imagerie médicale nucléaire. Au point que, sporadiquement au moins, de nombreux services hospitaliers devront trouver des alternatives à ces méthodes d'imagerie, renoncer à certains actes ou encore revoir leur organisation pour économiser une ressource devenue rare.


A lui seul, HFR produisait environ 30 % du 99 Mo utilisé dans le monde. Son arrêt s'ajoute à la panne, en mai 2009, du réacteur canadien NRU. Celui-ci, qui assurait en 2007 45 % de la production mondiale, pourrait redémarrer en avril. Mais il se dit aussi qu'il serait trop endommagé pour pouvoir être jamais remis en service... En définitive, avec les deux principaux producteurs de 99 Mo à l'arrêt, la capacité mondiale de production  est aujourd'hui amputée de près de 75 %.

Seuls 7 réacteurs dans le monde produisent du 99Mo, à partir d'uranium hautement enrichi. Outre les deux principaux à l'arrêt, un belge (BR2), un sud-africain (Safari) et un français (Osiris) approvisionnent le marché mondial. La production d'une installation australienne (Opale) est, quant à elle, exclusivement destinée au marché intérieur. Lire la suite sur LeMonde.fr

 

Si vous avez lu jusqu'au bout ce long billet qui ne parle ni du gros mot du jour, ni de la Coupe du Monde de football, vous avez tout mon respect.  

 

 

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